American Hardcore

American_hardcore_ver2

 

La sérendipité a du bon. Alors que je trainais sur Netflix à la recherche de quoi tromper l’ennui, je suis tombée sur ce documentaire de Paul Rachman intitulé American Hardcore. Ce qui tombe plutôt bien étant donné que mes connaissances en terme de punk hardcore sont assez limitées. 

Alors bien sûr, je connais les grandes lignes de l’histoire du punk hardcore et les quelques groupes qui ont contribué à l’émergence de ce style, mais en entendre parler par les principaux acteurs de ce mouvement prend une autre dimension (surtout quand, comme moi, le punk d’une manière générale, ne vous a jamais réellement attiré).

Tout d’abord, le punk est né à la fin des années 1970 (1978 précisément) pour s’éteindre peu à peu vers 1986, soit une durée de vie d’un peu moins de 10 ans. 10 années durant lesquelles des gamins des banlieues de Los Angeles, Chicago, New York se sont arrachés les poumons à gueuler leur haine du gouvernement Reagan, à rejeter la société de consommation qui ne correspondait pas à leur réalité.
En fait, le punk hardcore, c’est un rejet massif d’à peu près tout : rejet des conventions, d’une musique surannée (celle des années 1960 notamment), de l’industrie du disque, du gouvernement; rejet né d’une frustration de tous les instants.

Le punk hardcore est une musique qui a été créée « pour les jeunes, par des jeunes et qui parlent des jeunes ».
En effet, la plupart des groupes se forment alors que leurs membre sont encore en pleine adolescence (par exemple, les Teen Idles ont vu le jour alors qu’ils avaient à peine 15-16 ans).
Bien entendu, on retient également de ce mouvement contestataire la violence, les émeutes, les confrontations avec les flics mais tout ceci n’était qu’une réponse au contexte dans lequel vivaient ces groupes.

Par ailleurs, le punk HxC (HxC est l’abréviation pour « hardcore ») a souvent véhiculé une image erronée du mouvement; à savoir qu’il s’agit d’une musique de drogués, raciste, misogyne, etc., alors que la grande majorité des groupes de cette époque sont farouchement opposés à toute forme d’oppression.
Des groupes comme Minor Threat sont même considérés comme les créateurs du straight edge, sous-culture qui se bat clairement contre tout ça.

Bien que le HxC se défende d’être anti-sexiste, il est rapidement fait mention, dans ce docu, de la place de la femme dans le milieu hardcore. Elles sont certes présentes, mais dans l’ombre, très peu sur scène (on trouve quand même Kira Roessler occuper le poste de bassiste dans Black Flag).
Néanmoins, le mouvement Riot Grrrl s’occupera de changer la donne quelques années plus tard.

Fin des années 1980, on assiste donc au déclin du mouvement HxC, pour la simple et bonne raison qu’il n’y avait plus rien de nouveau à faire, les membres de groupes ayant vieilli. Même si on a coutume de dire (et les intervenants dans American Hardcore sont les premiers à le revendiquer) que le punk est fini, on remarque qu’il a quand même su résister aux affres du temps et bon nombre de groupes hardcore voient le jour encore aujourd’hui, et ce, à l’échelle mondiale.

Pour résumer, je citerai cette phrase de Vic Bondi, qui fait la synthèse parfaite du mouvement (ainsi que du documentaire)

Bien que ce fut limité, c’était [le punk hardcore] le signe de l’aspect communautaire, d’une ouverte d’esprit vers autrui, du mépris pour l’autorité; en ça, ce fut du radicalisme dans sa tradition la plus pure. Si vous chercher la définition du radicalisme dans les années 1980, vous devriez regarder à « hardcore ».

Donc, pour les néophytes, c’est un objet visuel intéressant; pour les fans, rien de nouveau mais ça vous donne l’occasion de (re)voir Henri Rollins en slip sur scène !

Ma note : 6/10

Regarder American Hardcore sur YouTube (sans sous-titres)

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4 réflexions sur “American Hardcore

  1. Pingback: Les écoutes du mois #Mars 2016 | Au Rayon Musique

  2. Merci à toi. Je ne suis pas encore tombé dessus sur Netflix, ce docu doit bien se cacher. Ton article m’a donné envie de le regarder !

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    • Entre le moment où je l’ai regardé et celui où j’ai écrit l’article, impossible de remettre la main dessus.
      En revanche, il est sur You Tube (j’ai mis un lien) y a pas de sous-titres mais c’est compréhensible.

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