Les écoutes du mois #janvier-février 2022

Hello !

Pas d’écoutes en novembre-décembre, pas de bilan 2021 pour la simple et bonne raison que flemme et aussi, parce que j’ai réellement passé mon temps à n’écouter que des trucs passés.
Même si je suis toujours intéressée par les nouveautés, il est de plus en plus évident que les disques plus anciens sont vraiment ce qui m’animent le plus et j’aurais très envie de vous en parler, sauf que je ne sais pas DU TOUT comment aborder tout ça, j’ai envie de le faire autrement que via le format que j’utilise actuellement pour vous parler des écoutes, d’autant que ce que j’écoute la plupart du temps ne correspond pas forcément à la ligne éditoriale musicale que j’ai instauré ici (sans pour autant s’en éloigner drastiquement).
À voir si je ne vais pas lancer le truc sous forme de podcast (lol) ou même de vidéos (lol²).

En attendant, voici les écoutes du mois, avec des trucs toujours aussi énervés et sombres.

Catisfaction – Kill ’em all (2021)
Genre : Riot grrrl/Punk

Techniquement, cet album est sorti en décembre 2021 et j’ai passé le mois de sa sortie à l’écouter en boucle. Mais comme je le disais en intro, les écoutes de novembre-décembre 2021 ont été très minces en terme de nouveauté mais ce Kill ‘Em All est, pour moi, un des meilleurs disques de 2021.
Derrière ce nom tout mignon, se cache un trio féminin et féministe habité par l’urgence, la colère et qui n’a pas le temps de niaiser.

Malgré des airs de B-52’s çà et là, le trio serait plus du genre à balancer des cocktails Molotov dans la gueule, notamment au niveau du chant où l’anglais et le français s’alterne et où le chant en canon est prédominant dans chacune des pistes, notamment sur Fin du Monde, avec son ambiance dark à souhait, nous rappelant ainsi le chaos dans lequel nous vivons.
Le chaos, il est partout, tout le temps chez Catisfaction; avec Let Me Mourn et sa mélodie entêtante mais aussi sur Tu Rôdes où, encore une fois, l’alternance entre chant puissant en anglais et français fonctionne très bien et où le rythme très cold-wave instaure une atmosphère pesante et où l’on sent que la menace (de personnes toxiques notamment) est effectivement là.

Catisfaction cultive l’art de la dichotomie car malgré un nom mignon de friandises, ces trois musiciennes sortent les griffes et se font le porte-paroles de celles et ceux qui ne peuvent/n’osent pas parler particulièrement avec Kill All The Patriachs (au titre plus qu’évocateur quant à son sujet) qui est un hymne féministe puissant à écouter TRÈS fort.
Les thématiques présentes dans ce disque (le féminisme, l’anticapitalisme, se défaire des injonctions imposées par la société) ne sont pas incohérentes quand on sait que les musiciennes de Catisfaction sont également membres de diverses formations musicales dans le même genre (Mary Bell, Bitpart) et qu’elles évoquent déjà ces sujets dans leurs groupes respectifs.
Voyons Catisfaction comme la jumelle maléfique (ou en tout cas plus sombre) de ces formations et ce n’est pas pour nous déplaire !
À écouter si vous aimez : Mary Bell, Bitpart, la lutte féministe, la bagarre.

Molchat Doma – Этажи (Etazhi)(2018)
Genre : Cold-wave
/Synth-pop


Direction la Biélorussie avec ce trio au son très rétro qui semble sorti tout droit des 80’s au temps de la Perestoika. (Pour plus de compréhension, je vous écris les titres en alphabet latin entre parenthèses).

À l’instar de l’image d’Epinal qu’on peut avoir de la Biélorussie, cet album est très froid, très brut et imprégné d’une telle mélancolie et d’une telle noirceur qu’il ferait passer les écrits de Charles Baudelaire ou d’Edgar Allan Poe pour des blagues Carambar.
Car malgré des mélodies et des rythmes assez entrainants, les textes, eux, sont glaçants de tristesse et de désespoir. On se retrouve donc à se déhancher sur На дне (Na Dnye) alors qu’il est question de noyer son chagrin dans l’alcool et que l’intro de Фильмы (Filmy) (qui ressemble furieusement à celle de I wanted to tell her de Ministry) est dansante au possible alors le chanteur décrit la vie comme n’étant pas un film même si elle ressemble à drame perpétuel.

Il s’agit là de leur deuxième album (le 3ème est sorti en 2020) qui a surtout connu un succès très récent notamment grâce à TikTok où un de leur titre Судно (Борис Рыжий) (Sudno (Boris Ryzhy) a été repris dans de nombreuses vidéos, cette mélodie enjouée est en contradiction totale avec le texte où le chanteur clame (en substance) « la vie est dure et inconfortable/c’est bien de mourir« , voilà de quoi réjouir tous les gothiques de la première heure !
Bref, pour Molchat Doma, tout n’est qu’illusion, misanthropie et le monde est une cage, comme cet immeuble sur la pochette, une cage dont ils ne peuvent pas d’échapper, un peu comme si le groupe était toujours bloqué en URSS, jouant la carte de la nostalgie sans réellement le vouloir.
C’est ça qu’on aime.
À écouter si vous aimez : Joy Division, New Order, les corbeaux, les cimetières, le communisme.

Author & Punisher – Krüller (2022)
Genre: Drone/metal indus



Continuons notre plongeon dans le chaos et le désespoir avec les machines infernales de Tristan Shone, l’homme derrière Author & Punisher.
En 2018, le bonhomme avait sorti Beastland, album qui respirait la froideur et l’apocalypse, et Krüller est la suite parfaite où on plonge dans un univers digne d’un film post-apocalyptique (genre Mad Max Fury Road comme pourrait le faire penser l’artwork), Drone Carrying Dread fait office de rouleau compresseur d’entrée de jeu.

Les machines ont évolué, avec elles de lourdes guitares s’ajoutent et se font oppressantes, ce qui contraste quelque peu avec le chant plus mélodieux et distillé qu’auparavant et on aperçoit presque une lueur d’espoir avec Maiden Star.
Mais ne vous méprenez pas : pas question de faire dans le mielleux ici. On sent que ces deux dernières années ont bien impacté le musicien tant le climat y est anxiogène, sale.
Misery (qui porte bien son nom) ressemble à un savant mélange entre Aphex Twin et Venetian Snares, ne laissant ainsi aucun répit à son auditeur.
Tout est menaçant, une menace qui nous agrippe mais dont on ne se débat pas. Le titre éponyme Krüller finit d’enfoncer le clou de cette menace insidieuse, avec ses guitares lourdes et cradingues, avec ces hurlements dans le chant qui nous hantent comme un cri d’agonie.

Encore une fois, la tension est palpable, le malaise et le mal-être aussi, on voudrait y échapper mais ça serait se priver d’un bon instant musical.
À écouter si vous aimez : Godflesh, Sunn O))), Perturbator, les films Terminator, l’apocalypse.








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