#1 A la découverte de…

… Mary Bell !

Allez, j’inaugure une catégorie qui va sûrement être récurrente dans ce blog : laisser la place et la parole à ceux qui font de la musique pour les mettre en avant.
Il y a pas mal de personnes de mon entourage qui ont quelque talent musical et j’me suis dit que ça pouvait être pas mal de vous faire partager tout ça.

Pour cette première édition, j’ai donc demandé à la belle et talentueuse Victoria et ses  potos du groupe Mary Bell, groupe parisien un peu énervé aux accents punks, de me parler d’eux.

Bonjour Mary Bell ! Alors présentez-vous en quelques mots : votre nom, votre poste dans Mary Bell, le groupe/artiste qui vous a donné envie de faire de la musique et votre marque de bière préférée.

Alice : Bonjour ! Je m’appelle Alice et je suis la chanteuse. L’artiste qui m’a donné envie de faire la musique quand j’étais petite c’est ma grande sœur qui est chanteuse lyrique. Avec mon petit frère, on a suivi son modèle en allant au conservatoire ! Je ne suis pas difficile en bière, j’aime tout sauf les trucs trop forts mais pour faire un peu exotique je crois que ma préférée c’est la Red Stripe haha.

Tristan : Je suis Tristan, je tiens la basse chez Mary Boule. En fait, c’est ma mère qui m’a offert une guitare quand j’étais tout jeune, et je n’ai jamais arrêté… Je devais avoir quelque-chose comme 7 ans. J’adorais écouter les Sex Pistols et The Cure quand j’étais gamin, je crois que mes parents ont dû me voir faire quelques bonds dans ma chambre, ou m’entendre chanter, puis se sont dit que la guitare empêcherait peut-être la maison de s’écrouler en me canalisant un peu. J’ai donc commencé à jouer sans m’être posé la question de savoir si j’avais envie de faire de la musique ou non, mais j’étais le plus heureux du monde lorsque j’ai eu mon premier joujou, une bonne vieille Jim Harley ! Haha… Pour ceux qui m’ont donné l’envie de continuer (je serais bien incapable de n’en citer qu’un seul), je dirais : Fugazi, Drive Like Jehu, Bear Vs. Shark, Black Eyes, The Blood Brothers, Q and not U,… La liste est longue! Pour la bière, en ce moment c’est Baltus de chez Franprix, tiède voir chaude.

Vic : Salut et merci pour l’interview ! Je m’appelle Victoria et je suis guitariste chez Mary Bell. Pour ce qui est du groupe qui m’a donné envie de faire de la musique, vaste question… J’ai envie de citer Nirvana, les Melvins, mais aussi et surtout tous mes amis et potes qui font de la musique et m’ont poussée pour que je me lance moi aussi, même s’ils ne le savent pas forcément. Pour la bière, un peu comme Alice, je ne suis pas difficile et je m’adapte. Mais mon petit cœur fond pour les blanches belges !

Gaïlla : Gaïlla, batterie. Je pense que j’ai vraiment eu envie de faire de la musique quand j’ai découvert tous ces groupes de nanas tels que Bikini kill et Babes in toyland, à l’adolescence. J’étais complètement fascinée par Kat Bjelland et encore plus par Brody Dalle. Des nanas avec des cojones quoi. Pour la bière: la Guinness, la seule, la vraie! mais n’importe quelle lager fait l’affaire hein. On ne va pas faire les difficiles.

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Alice, Gaïlla, Tristan, Victoria. Photo : © Alice Carlier.

Racontez-nous la genèse du groupe : Depuis quand existe-t-il ? Vous vous connaissiez déjà avant ?

Vic : Le groupe existe depuis un peu plus d’un an. Il a débuté quand Gaïlla et moi nous sommes rapprochées (on se connaît par une amie commune – coucou Armelle !) et un jour, un peu par hasard, j’ai dit à Gaïlla que je commençais la guitare et elle m’a dit qu’elle faisait de la batterie depuis 6 mois…

Gaïlla : On avait les mêmes gouts (dont celui pour la bière) et surtout cette envie de jouer en groupe. Très rapidement, nous avons fait quelques répètes à deux, composé des carcasses de morceaux, et puis Alice nous a rejoint. Pour Tristan, ça s’est fait assez naturellement  en fait, il nous manquait un bassiste, on s’est dit qu’il ferait l’affaire ! Plus sérieusement, c’est un excellent musicien, c’est vraiment la personne  qu’il nous fallait. Il joue également dans Ours Blond, allez checker, ça vaut vraiment le détour

Alice : Pour moi ça a donc commencé fin octobre 2013, c’est là que j’ai passé une sorte « d’audition » pour intégrer le groupe. Je ne connaissais ni Gaïlla, ni Vic, haha !

Tristan : Je suis arrivé après la guerre! Je connais Gaïlla depuis le collège. Nous étions à Arles à l’époque. On a fait un paquet de conneries ensemble tout au long de ces années, et ce groupe en est la continuité finalement. J’ai rencontré Vicky à une exposition de Gaïlla, juste avant de partir en voyage pour un long moment. A mon retour, les filles avaient déjà avancé sur deux ou trois compos, et je voulais en être… J’ai fait un peu de forcing, lancé des messages subliminaux, fais du lobbying… Au bout d’un moment c’est passé, elles m’ont pris. Hahaha… Je n’étais pas là non plus lors de la première apparition d’Alice. Je l’ai juste entendue sur un enregistrement après une répétition, et ça sonnait bougrement bien, elle ajoutait le petit bout d’énergie qu’il fallait. Après quelques soirées arrosées, elle était plus qu’intégrée !

Vic : C’est un peu ça la magie de Mary Bell. Je ne connaissais aucun des autres membres de Mary Bell avant de démarrer le groupe à part Gaïlla, et pourtant, tout s’est toujours très bien déroulé, on s’entend super bien et la musique qu’on fait est le mélange parfait de nos 4 univers musicaux !

Le nom du groupe, Mary Bell, fait référence à cette ado anglaise des années 1960 qui a tué deux gamins à cette époque ; j’imagine que le titre Brian est aussi en « hommage » à l’une de ses victimes. Une fascination particulière pour ce personnage ou c’est votre côté Christophe Hondelatte qui ressort ?

Gaïlla : En fait,Vic et moi lisions des bouquins sur les serial killers au moment où on montait le groupe et elle est arrivée avec cette idée de s’appeler Mary Bell. J’aimais bien l’idée du nom, et puis l’histoire qu’il y a derrière est certes  glauque,mais cette gamine était fascinante ! Puis on n’avait pas d’autre idée et ça nous saoulait un peu de “chercher” un nom de groupe.

Vic : le livre était en fait « Crackpot » de John Waters, et dans une de ses chroniques, il liste toutes les histoires sordides de faits divers qui le fascinent, dont celle de Mary Bell, qui m’a tout de suite interpelée… Notre morceau Brian fait en effet écho à l’histoire de ce petit garçon assassiné par Mary Bell.

Gaïlla : C’est con mais un matin je me suis réveillée avec les paroles de Brian en tête, mais même sans connaitre l’histoire de MB, n’importe qui peut s’identifier aux paroles. Ça peut parler d’une mauvaise rencontre, de quelqu’un de fascinant qui a de l’emprise sur vous, ou de n’importe quoi d’autre. C’est le tout premier vrai morceau du groupe, et on était un peu obsédées par l’histoire de MB à ce moment-là!

Tristan : Oui, les meurtres et tout ça, ça passionne Gaïlla et Vicky. C’est pour ça que je demande une chambre à part -avec porte blindée, trois serrures minimum- lorsqu’on dort tous ensemble après un concert…

Alice : J’aime bien ce petit délire, c’est toujours marrant quand on monte sur scène avec nos têtes d’enfants sages, nos ptites robes rétro (coucou Tristan) et qu’on se met à crier des trucs horribles avec notre nom de tueuse d’enfants. Mais bon de toute façon, personne ne comprend les paroles puisque je n’articule pas et qu’on joue très fort…

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© Photo : Claire Dumetz

Punk, lo-fi, riot grrrl… Vous vous reconnaissez dans ces genres ou vous vous foutez de l’étiquette qu’on peut vous coller ?

Vic : Honnêtement, on s’en fout un peu, mais ça me fait carrément marrer de découvrir, à chaque fois qu’on est programmés, l’étiquette qu’on va coller avec le nom du groupe ! A Nantes, quelqu’un a écrit sur le tableau annonçant le concert qu’on faisait de la « pop – lo fi ». On a pris le tableau en photo tellement ça nous a fait rire !! Autrement, on nous colle très souvent l’étiquette « riot grrrl » … Si tu me demandes ce que j’en pense, je trouve que Mary Bell, c’est un mélange de punk et de grunge, ça sonne super 90’s selon moi, mais je sais que beaucoup de gens y entendent du punk 80’s, et pourquoi pas ?

Gaïlla : En fait, on n’est même pas capable nous-même de définir la musique qu’on fait en fait. Mais c’est vrai que quand une orga nous qualifie de “pop lo-fi” ça nous fait plutôt marrer ! Et ce qui nous énerve le plus, c’est qu’on nous considère comme un groupe de petites meufs alors qu’il y a un GARCON ! Merci au revoir !!

Tristan : On mélange beaucoup de nos influences et ça donne parfois un grand fouillis, les gens y entendent un peu ce qu’ils veulent, puis on se marre bien lorsque c’est retranscrit sur une affiche.

Alice : Il faut toujours mettre une étiquette pour les descriptions de concerts et parfois c’est n’importe quoi ! Lo-fi c’était une grosse blague haha ! En fait les chansons sont de genres assez différents les unes des autres donc on ne peut pas mettre une étiquette globale, moi je m’en fous…

Un jour, on avait fait un cadavre exquis pour décrire notre groupe et j’avais mis les paroles de  Cool Schmool  de Bratmobile, « we’re so cool yeah yeah, we’re so cool cool, we’re so cool yeah yeah, fuck you too ! Cool schmool ! ». Du coup parfois on se met « yeah yeah yeah » comme étiquette et c’est ptet ce qui nous correspond le plus puisque ça ne veut rien dire.

Mary Bell est encore tout jeune et pourtant, vous faites pas mal de concerts et avez déjà enregistré un EP 4 titres très prometteur. Quelle est la prochaine étape ?

Tristan : Le sortir ! L’enregistrer c’est bien, mais il y’a encore un peu de boulot pour matérialiser tout ça. 😉
Le 4 titres arrive très bientôt en vinyle chez Danger Records; (à écouter ici) on a déjà de quoi enregistrer quelque-chose de plus consistant, puis on va certainement se faire quelques petites tournées aussi.

Vous faites aussi partie du Collectif Semi-Conscient, qui semble être une asso de plusieurs groupes. Vous pouvez m’en dire plus ?

Tristan : Il s’agît d’un ralliement de groupes désirant se gérer eux même. C’est ce que nous faisions déjà en s’entraidant entre groupes mais on lui a donné un nom et une « structure ». Nous produisons nous-même ce qu’on sort -comme l’EP de Mary Bell, ou le LP de l’Ours Blond qui arrive dans un ou deux mois-, donc gérons les parties enregistrement, mixing, mastering, les visuels, etc… nous-même. On a des gens plus spécialisés dans le son, d’autres qui ont un bon coup de crayon ou de ciseaux, certains sont plus doués dans la communication et ont plus de contacts… On met tout ça en commun pour arriver au meilleur avec les moyens que l’on a. C’est grâce à tout ça que l’on peut sortir des trucs aujourd’hui, car une fois le loyer payé, il ne reste pas grand-chose. On se débrouille alors en se serrant les coudes, en mettant ce que l’on a ou sait en commun pour pouvoir faire aboutir nos envies et projets.

Un des bons côtés de ce Collectif est aussi de ne pas avoir de contraintes et de décideurs, ça se régule tout seul, personne pour te dire « fais ça comme ça », les groupes font ce qu’ils veulent quand ils le veulent et le collectif les aides à matérialiser l’idée. Ce n’est pas Abbey Road, mais on ne se démerde pas trop mal pour des bricoleurs. Haha…

On a aujourd’hui, sur le plan musical, Mary Bell et Ours Blond dans le collectif.

C’est aussi une petite vitrine pour présenter nos projets communs, tiens, voilà un lien : http://colsemco.tumblr.com/

L’adjectif qui décrit le mieux le groupe ? (en dehors de toute étiquette musicale)

Alice : C’est trop dur ! Je dirais « fort », pas dans le sens on se la pète on est trop fort, mais juste, on fait beaucoup de bruit hihi.

Vic : Débilos ? On aime un peu – beaucoup – faire les cons chez Mary Bell ! Personne ne se prend au sérieux, et je pense que c’est pour ça qu’on s’entend aussi bien.

Gaïlla : Déglingue.Ou foutraque.Ou débilos.

Tristan : « Débile ». On ne peut plus proche.

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©Photo : Pauline Bailly

Quel est l’album de chevet de chacun des membres ?

Tristan : Bleeding Moon de Useless Eaters. Ce groupe me renvoie un peu l’énergie que j’aimais tant chez Jay Reatard, et ça remonte bien le moral lorsqu’il fait moche et froid.

Alice : Ça change tout le temps ! Du coup aujourd’hui, j’écoutais en boucle les morceaux des copains nantais de Puissance Cube avec qui on a joué en décembre, voilà !

Gaïlla : Butterfly de Mariah Carey ❤
En vrai, j’peux pas répondre, c’est bien trop difficile!!

Vic : Il n’y a pas eu une seule journée ces derniers mois où je n’ai pas écouté Broken Water. Ils sont censés sortir un nouvel album en 2015, dont le titre « Love and Poverty » est tiré. Ce titre me hante depuis qu’ils l’ont sorti, il y a 3 mois. J’ai tellement hâte d’écouter ce nouveau disque !!

Un dernier mot pour conclure ?

Vic : Comme je sais que les autres vont dire des choses super intelligentes, je vais juste partager cette magnifique vidéo avec vous !

Alice : J’ai beaucoup de mal à trouver des trucs à dire entre les morceaux, j’ai le même sentiment là maintenant ! Du coup j’vais faire comme en concert, dire merci, haha ! Merci beaucoup, c’est très gentil de s’intéresser à notre petit groupe  J’espère qu’on se verra vite en concert !

Tristan : Pachole !

Gaïlla : Généralement pour conclure j’donne mon 06 en fait…

Vous pouvez donner de l’amour à MB sur leur Page Facebook, leur Tumblr et aussi télécharger leur EP sur Bandcamp !

Merci les Mary Bell pour cette interview. Bonne chance pour la suite ! On vous aime déjà ! 😉

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Une réflexion sur “#1 A la découverte de…

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